Il existe des histoires que l'on retrouve dans les livres.
Et puis il y en a d'autres qui ont presque disparu.
Celle de Francesco Galli appartient à la seconde catégorie.
Né en Suisse au début des années 1920, Francesco grandit entre les montagnes et les rives du lac Léman.
Il n'était ni grand couturier, ni homme d'affaires.
Il n'avait pas de boutique prestigieuse à Genève.
Il n'avait pas de grandes ambitions.
Francesco avait simplement une passion :
vivre dehors.
Les montagnes
Dès son plus jeune âge, Francesco passe une grande partie de son temps dans les montagnes.
Il connaissait les chemins autour du Léman, les petits villages, les forêts et les sentiers qui remontaient vers les hauteurs.
Il aimait partir tôt le matin.
Une vieille veste en laine sur les épaules, un pantalon solide, des chaussures usées et parfois une petite besace en cuir.
Il n'achetait presque jamais ses vêtements.
Il les faisait lui-même.
Pas pour être élégant.
Pas pour être à la mode.
Mais parce qu'il voulait que ses vêtements puissent supporter sa manière de vivre.
1952 — Les vêtements de Francesco
Francesco avait appris quelques bases de couture auprès d'une couturière du village.
Il commença alors à modifier ses propres vêtements.
Il renforçait les coudes.
Ajoutait des poches.
Changeait les boutons.
Raccourcissait certaines vestes.
Utilisait de la laine épaisse pour les journées froides.
Du coton et de la toile pour les journées plus douces.
Il conservait même certains morceaux de tissus provenant de vieux vêtements.
Pour lui, un vêtement ne devait pas seulement être beau.
Il devait avoir une raison d'être.
C'est probablement là que tout a commencé.
Sans qu'il ne le sache.
Le lac Léman
Quand il ne marchait pas dans les montagnes, Francesco était sur le lac.
Il possédait une petite embarcation en bois qu'il entretenait lui-même.
La pêche était son autre grande passion.
Il partait parfois avant le lever du soleil.
Le lac était calme.
Les montagnes se reflétaient dans l'eau.
Et Francesco restait plusieurs heures à attendre.
Il portait alors une veste qu'il avait confectionnée lui-même.
Une veste simple.
Épaisse.
Fonctionnelle.
Avec de grandes poches pour ses outils et son matériel de pêche.
Quelques années plus tard, certains habitants du village commencèrent à lui demander :
« Francesco, tu pourrais m'en faire une comme la tienne ? »
Puis une deuxième personne.
Puis une troisième.
Francesco accepta.
Et sans réellement le chercher, il commença à fabriquer des vêtements pour les autres.
1954 — Le petit atelier
Francesco aménage une petite pièce derrière sa maison.
Une table en bois.
Une vieille machine à coudre.
Quelques rouleaux de tissus.
Des boutons en métal.
Du cuir.
De la laine.
Et surtout beaucoup de patience.
Sur une étagère, il conserve ses premiers modèles.
Il commence à travailler pour les pêcheurs, les ouvriers, les promeneurs et quelques habitants des villages autour du Léman.
Ses vêtements ont quelque chose de particulier.
Ils ne ressemblent pas vraiment aux vêtements de mode de l'époque.
Ils sont plus simples.
Plus robustes.
Mais surtout, ils ont une identité.
Francesco commence même à développer une petite collection de vestes, pulls, pantalons et sacs inspirés directement de sa vie autour du lac et dans les montagnes.
Une Suisse entre lac et montagne
La Suisse des années 1950 change rapidement.
Les villes grandissent.
Les trains transportent de plus en plus de voyageurs.
Les hôtels accueillent une clientèle internationale.
Les voitures deviennent plus nombreuses.
Mais Francesco reste attaché à une Suisse plus simple.
Une Suisse faite de bois, de laine, de cuir, de montagnes et de longues journées au bord du lac.
Il commence alors à développer une véritable philosophie :
« Un vêtement doit raconter où vous êtes allé. »
La phrase n'a jamais été déposée.
Elle n'a probablement même jamais été écrite.
Mais elle résumait parfaitement sa manière de travailler.
1957 — Les premières malles
Francesco ne fabriquait pas seulement des vêtements.
Il avait commencé à s'intéresser aux objets qui accompagnaient les voyageurs.
Sacs.
Besaces.
Petites malles.
Housses.
Étuis.
Il récupérait parfois de vieux coffres et les réparait.
Il remplaçait les poignées.
Renforçait les coins.
Changeait les fermoirs.
Il aimait particulièrement les objets qui vieillissaient bien.
Pour Francesco, une trace d'usure n'était pas un défaut.
C'était la preuve que l'objet avait vécu.
La petite Maison Galli
Au début des années 1960, son activité commence à être connue dans la région.
Quelques hôtels recommandent ses vêtements.
Des pêcheurs viennent chercher ses vestes.
Des randonneurs commandent des pantalons.
Des voyageurs lui demandent des sacs.
Francesco finit par utiliser un simple nom sur ses étiquettes :
GALLI
Rien de plus.
Pas de symbole compliqué.
Pas de slogan.
Seulement son nom.
Parce qu'il ne voulait pas que ses vêtements soient connus pour un logo.
Il voulait qu'ils soient reconnus pour leur manière de vieillir.
Mais Francesco n'a jamais cherché à devenir célèbre
C'est probablement ce qui rend son histoire particulière.
Alors que certaines maisons cherchent déjà à se développer à Paris, Londres ou Milan, Francesco reste attaché au Léman.
Il continue de pêcher.
Continue de marcher.
Continue de fabriquer ses vêtements.
Et continue de prendre soin de son atelier.
Il refuse même plusieurs propositions visant à produire ses vêtements à plus grande échelle.
Il aurait simplement répondu :
« Si je ne peux plus savoir qui porte mes vêtements, je ne sais plus pourquoi je les fabrique. »
Une phrase qui, des décennies plus tard, résumerait presque parfaitement l'esprit d'Alter With You.
La disparition de Galli
Au fil des années, le monde change.
Les vêtements deviennent plus industriels.
Les grandes marques internationales prennent de l'importance.
Les vêtements faits à la main deviennent plus rares.
Francesco continue quelques années encore.
Puis son petit atelier ferme.
Pas de grande faillite.
Pas de scandale.
Pas de dernière collection spectaculaire.
Simplement une porte qui se ferme.
Et avec elle, une petite partie d'une certaine idée de la Suisse disparaît.
Les vêtements restants sont dispersés.
Quelques pièces sont conservées dans des familles.
Certaines photographies disparaissent.
Les étiquettes Galli deviennent progressivement introuvables.
Et le nom de Francesco Galli finit presque par disparaître.
Des décennies plus tard…
Puis vient une nouvelle génération.
Une génération qui ne l'a jamais connu.
Une génération qui découvre une manière différente de voir les vêtements.
Des vêtements inspirés du voyage.
Des montagnes.
Des villes.
Des souvenirs.
Du patrimoine.
Et surtout…
des histoires.
C'est là que commence Alter With You.
Alter With You — un hommage, pas une copie
Alter With You n'est pas la marque de Francesco Galli.
Elle n'existait évidemment pas dans les années 1950.
Mais son esthétique reprend quelque chose de cette époque.
Les matières.
Les couleurs.
Les vêtements simples.
Le côté voyageur.
Les paysages suisses.
Les anciennes malles.
Les photographies vieillies.
Le mélange entre élégance et utilité.
Et surtout cette idée :
**Un vêtement ne devrait pas seulement être porté.
Il devrait accompagner une histoire.**
Francesco fabriquait ses vêtements pour aller pêcher sur le Léman.
Pour marcher dans les montagnes.
Pour voyager.
Pour travailler.
Pour vivre.
Alter With You reprend cette philosophie et la fait voyager dans une nouvelle époque.
1951 → 2026
Francesco Galli n'a jamais créé Alter With You.
Il n'a probablement jamais imaginé qu'un jour ses vêtements pourraient inspirer une marque.
Et pourtant…
Quand on regarde certaines pièces d'Alter With You, on retrouve quelque chose de son univers.
Une veste.
Une chemise.
Une maille.
Une vieille toile.
Un sac.
Une photographie.
Un paysage.
Un souvenir.
Comme si son histoire n'avait jamais complètement disparu.
ALTER WITH YOU
Inspired by a man who never wanted to follow fashion.